L’autonomie des femmes

Est-ce un mythe de croire que les femmes d’aujourd’hui ont atteint l’autonomie? Je répondrais oui. Il est vrai qu’en apparence les femmes sont plus autonomes aujourd’hui qu’elles ne l’étaient il y a belle lurette.

Elles ont obtenu le droit de vote en 1940 au Nouveau-Brunswick: en 1919 au fédéral et sont devenues des personnes! En 1929, la Cour suprême déclare que les femmes sont des  personnes grâce aux luttes ardues de femmes courageuses. Ces gains énormes ne suffisent pourtant pas pour réaliser la complète indépendance des femmes. Jettons brièvement un regard sur notre situation actuelle pour réaliser le chemin qu’il nous reste à parcourir : le cantonnement des femmes dans des rôles dits féminins et sous-payés alors qu’elles remplissent des fonctions essentielles à la bonne marche de la société. A-t-on jamais pensé à adapter le travail aux obligations familiales quelle que soit la personne qui s’en occupe. En politique ? Pour inclure réellement les femmes en politique il faudra commencer par faire de la politique autrement sinon seules les retraitées pourront occuper ces fonctions de premier ordre. Il est bien difficile pour une femme de participer à des rencontres de comité politique se déroulant le soir dans les bars de la capital provinciale alors que des enfants les attendent à la maison pour le souper. Le partage des tâches n’est pas encore atteint même il est si sur la bonne voie. En santé ?  Le corps des femmes est différent non seulement par sa morphologie mais la manifestation de la maladie est souvent différente d’un sexe à l’autre. Il n’existe pas encore de clinique différenciée. Et la recherche différenciée à cet effet est encore frileuse. Les traitements prescrits ne prennent pas toujours en considération ces différences.

L’image projettée à l’endroit des femmes indique de façon évidente que  la lutte pour l’autonomie est inachevée. L’image reste grandement ternie par la sur-représentation de la femme comme objet sexuel et les derniers évènements à grand déploiement médiatique ne nous amènent pas à dire le contraire. La femme mince, belle, sexy est étalée pour vendre de la pâte à dents jusqu’au plus nul des gadjets. La femme correspondant à cette image sera souvent préférée à la compétence quand vient le temps de combler certains emplois. Le beau corps juchée sur des talons sera préféré aux cerveaux mieux garnis.

Voilà quelques exemples qui indiquent que la lutte pour l’autonomie est inachevée et qu’une journée par an pour célébrer nos victoires et recevoir une rose n’est pas suffisante pour les corriger. Ainsi, je décrète que la lutte pour l’autonomie des femme doit rester à l’ordre du jour, car le mythe perdure.

Huberte Gautreau

***

Huberte Gautreau a été embauchée par l’Organisation mondiale de la santé et par CUSO pour travailler dans le domaine de la santé à l’étranger. De retour à l’Université de Moncton, elle a été professeure à l’École des sciences infirmières, coordinatrice d’un projet en éducation à la solidarité internationale et conseillère en matière de harcèlement sexuel et sexiste.

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