Consentement et pratiques sexuelles non traditionnelles

Depuis quelque temps, les médias sociaux parlent beaucoup du consentement sexuel. Qu’on parle d’agression sexuelle ou qu’on ait vu le vidéo de la tasse de thé, on se dit immédiatement que nous ne sommes pas concernés et que jamais on n’irait contre le consentement d’autrui. Malgré tout, certains évènements récents, comme l’affaire Gomeshi, viennent nous rappeler le contraire. Saviez-vous que 33 % des Canadiens ne comprennent pas ce qu’est le consentement? En effet, plusieurs considèrent encore qu’un individu en relation amoureuse est obligé de consentir. Ils croient également qu’une femme qui envoie une photo osée à un homme consent automatiquement à un acte sexuel avec lui. Ce texte d’opinion traitera de pratiques sexuelles peu communes, qui contrairement à la pensée populaire, sont des exemples qui illustrent parfaitement le consentement sexuel soit le BDSM.

On défini le sigle BDSM comme tout ce qui extérieur au sexe traditionnel. On peut inclure des pratiques impliquant la douleur, la mise en scène de divers fantasmes, la dominance, la soumission… tout cela ayant pour but le plaisir sexuel des participants. Puisque ces pratiques sont subjectives à l’imagination de partenaires consentants, il serait impossible de dresser exactement toutes les actions de ce que cela peut entourer. Ces relations sexuelles peuvent aller du « ’spanking »’ à des actes plus intenses de domination ou de soumission. Certains vont les pratiquer quotidiennement, alors que d’autres les réserveront à l’occasion pour pimenter leur vie sexuelle. Peu importe le cas, les participants se doivent de se respecter mutuellement.

Bien que celles-ci sont de plus en plus pratiquées, il semble que les pratiques BDSM demeurent encore incomprises dans la plupart des sociétés. Depuis longtemps les cultures propagent des mythes qui exposent la pratique BDSM comme une paraphilie, une déviance et même un acte de violence sexuelle. On à qu’à se rappeler du film « ’ 50 nuances de Grey »’ qui propage justement tous ces mythes en exposant un personnage principal qui pratique le BDSM parce qu’il est atteint d’une maladie mentale résultant de l’abus qui lui fut fait pendant l’enfance. Chose absurde puisque plusieurs études démontrent clairement que les adeptes de telles pratiques ont une meilleure santé mentale que ceux qui pratiquent des relations sexuelles conventionnelles.  (Wismeijer et Van Assen, 2013)

Il faut savoir que ces mauvaises conceptions vis-à-vis les pratiques BDSM peuvent mener à de grands problèmes en société. En plus, de marginaliser une grande partie de la société elle contribue également à victimiser les gens qui les pratiquent. En posant des jugements sans comprendre un phénomène on vient alors à culpabiliser des individus sur leur choix de pratiques sexuelles, ce qui selon moi contredit complètement le concept du féminisme. On a qu’à prendre le procès de Jian Gomeshi pour se rendre compte de la vérité.

Jian Gomeschi, un ex-animateur de radio de CBC, a été accusé d’avoir agressé sexuellement plus de 9 femmes. Elles témoignent, s’être fait frapper à la tête, tirer les cheveux et violée par monsieur Gomeshi. À sa défense il aurait indiqué que ses victimes auraient été des adeptes de la communauté BDSM et qu’elles auraient, du même fait, consenti à la brutalité de ces actes. On peut comprendre que des juristes qui ne connaissent pas de telles pratiques pourraient facilement se faire berner par ce genre de commentaires et ainsi punir les mauvaises personnes.

En vérité, le BDSM a comme base principale : le consentement sexuel.

Avant de s’engager dans une relation quel compte les partenaires vont discuter de leurs limites et de leurs désirs afin de maximiser le plaisir. Ils vont également décider d’un « mot de passe » qui assura que les partenaires sont bien à l’aise pendant l’acte. En fait, ce mot agira comme le consentement du partenaire s’il y est utilisé le partenaire soulève alors le consentement qu’il avait donné au départ. À ce moment-là, l’acte sexuel doit s’arrêter ou se modifier dépendamment ce qui eu été décidé entre les adultes consentants, au tout début. Généralement, suite à l’acte sexuel, les partenaires vont également discuter de leur expérience et ainsi donner leurs rétroactions personnelles. À la lumière de tout cela, on ne peut que constater que la communication représente quelque chose d’essentiel dans ces pratiques. Est-ce qu’on peut dire que les pratiques conventionnelles en font tout autant?

Ce qu’il faut savoir c’est qu’il n’existe pas de relations sexuelles consensuelles ou non consensuelles. Sans le consentement, une relation sexuelle est tout simplement inexistante. Que l’on pratique des relations conventionnelles ou que l’on désire s’adonner au BDSM, l’important c’est d’être bien. N’acceptons plus les étiquettes qui nous sont données par des gens mal informés. Il faut se rendre compte, homme ou femme, de qui nous sommes, de ce que l’on désire et l’assumer avec fierté.

***
Sarah Grandisson complète sa dernière année au baccalauréat en travail social de l’Université de Moncton. Depuis qu’elle est toute jeune, elle se préoccupe de la question des femmes. Elle s’emporte souvent lorsque les gens ne veulent pas comprendre des problématiques bien simple. À l’été 2015, Sarah a également travaillé sur la question du consentement lors de son implication à la Fédération des étudiants et étudiantes du Centre universitaire de l’Université de Moncton.

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