L’inégalité : qu’est-ce que ça veut dire?

Quatre sœurs. Je suis l’ainée. Notre enfance en équilibre entre la France et l’Algérie. Double culture, double famille partagée entre la France et l’Algérie. 35 ans d’absence. J’ai quitté l’Algérie pour la France jeune pour y faire ma vie.

Je vais vous parler de mes sœurs qui vivent cette inégalité sociale de femmes algériennes, elles qui sont nées sur une terre algérienne qui venait de gagner son indépendance chèrement acquise.

Elles qui n’ont pas pu  immigrer, elles qui ont vu leur liberté de choix brimée dans les années 90. Elles qui sont depuis en mode existence. L’espoir de nous réunir un jour ne me quitte jamais.

Il est encore très difficile de se faire reconnaître en dehors de sa condition de mère et d’épouse. La justice algérienne revêt une certaine forme de patriarcat. Bien que des progrès aient été faits en termes de luttes sociales, les droits des femmes ne sont pas respectés, ils sont violés. Prenons le cas du code de la famille;  une loi algérienne qui ne libère pas. Une loi qui octroie, dans le cas d’un héritage de maison familiale, un tiers aux femmes de la famille et le reste aux hommes.

Je me pose toujours la question : pourquoi cette violence contre les femmes?

Mes sœurs connaissent le monde occidental et son mode de vie à travers la télévision par satellite et à travers Internet, à travers les rares voyages. Elles en rêvent. L’accès à un meilleur avenir pour leurs enfants, à l’eau courante sans coupure et aux soirées après 19 heures, l’absence d’un machisme ambiant.

Elles ne savent pas que dans les pays occidentaux, il reste encore tant à faire.

L’inégalité se vit au quotidien et l’égalité se gagne par le combat.

Mais mes sœurs, elles, continuent à avancer contre vents et marées.

C’est par la solidarité, la compréhension de l’Autre, une avancée vers le dialogue, vers l’écoute qu’ensemble nous pourrons y arriver.

Elles ne baissent pas les bras. Nous ne baissons pas les bras. Je ne baisse pas les bras.

***
Sonia Herma est éducatrice de profession. D’origine algérienne, elle vit en France puis immigre au Canada au début des années 2000. Mère, consultante et pédagogue, elle croit fermement aux combats pour l’égalité dépassant les frontières et à l’intervention précoce auprès de la petite enfance.

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