Ensemble, faire tomber les barrières

Le 8 mars, chaque année, c’est l’occasion de faire le point de faire un bilan et de célébrer celles et ceux qui ont fait tomber des barrières à l’égalité entre les hommes et les femmes.

On part certainement de loin en Acadie du Nouveau-Brunswick, si on pense à Émilie Leblanc, alias Marichette, qui se battait sous un pseudonyme pour le droit de vote des femmes dès 1895. Un droit de vote aux élections provinciales que les femmes n’ont obtenu qu’en 1919. Ça a aussi pris des luttes, du temps, de l’énergie,  des femmes de courage comme Béatrice Doiron, première femme maire d’une municipalité francophone à Bas-Caraquet, et certainement aussi des hommes qui ont cru dans l’égalité, pour faire tomber certains des obstacles à la participation des femmes dans les prises de décisions de nos communautés.

La parité au sein des institutions démocratiques constitue certainement un enjeu de première importance. Aux dernières élections municipales au Nouveau-Brunswick, les femmes ont compté pour près de 30% des élu.es, et pour seulement près de 27% si on compte uniquement les municipalités membres de l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick (AFMNB), soit les municipalités francophones ou bilingues. Lorsqu’on regarde nos municipalités, nos communautés, on ne peut se cacher qu’il reste encore des obstacles à faire tomber pour atteindre la parité.

Ces obstacles peuvent sembler moins évidents, moins criants que lorsque les femmes n’avaient carrément pas le droit de vote ou le droit de se présenter. Mais ils restent néanmoins présents.  On peut penser, entre autres, à la tendance au « deux poids deux mesures » à l’égard des femmes dans l’espace public, où celles-ci doivent souvent se prouver davantage et parfois même être la cible de commentaires dégradants ou sexistes. On peut penser à la conciliation famille-travail-implication sociale alors que les femmes font encore aujourd’hui dans la majorité des cas une plus grande part des tâches ménagères et domestiques. On peut penser au manque de réseaux formels et informels pour les femmes intéressées à se présenter en politique.

Il y a des moyens de faire tomber ces obstacles. Dénoncer ce « deux poids deux mesures » ou les commentaires déplacés, mettre en place des congés parentaux, des politiques de remboursement des frais de garderie lors des réunions des conseils municipaux ou encore rémunérer davantage les élu.es, réviser les modes de fonctionnement des conseils municipaux pour s’assurer d’être plus inclusif, créer des comités consultatifs de femmes à la municipalité, appuyer les réseaux de femmes au sein de la municipalité, mettre en place des limites de financement des campagnes électorales ainsi que des règles de transparence. Ça prend évidemment plusieurs têtes pour brasser des idées et mettre en place des mesures et actions qui feront concrètement tomber ces obstacles. C’est ensemble qu’il faudra faire tomber ces obstacles.

En cette Journée internationale des droits des femmes, nous saluons toutes les femmes élues de leur municipalité et célébrons les municipalités qui mettent en place des politiques et des actions, à toutes les échelles, pour encourager une participation équitable des femmes à la gouvernance locale.

 

Eugénie Boudreau, responsable des dossiers de participation des femmes à l’Association francophone des municipalités du N.-B., avec la collaboration de Frédérick Dion, Directeur-général de l’Association francophone des municipalités du N.-B.

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