Notre raison d’être

Notre raison d’être

Un texte de Marie-Thérèse Landry, à la tête du Conseil provincial des sociétés culturelles

«L’UNESCO considère l’égalité des genres comme un droit fondamental de la personne humaine, un fondement de la justice sociale et une nécessité économique. L’égalité des genres est un facteur déterminant de la réalisation de tous les objectifs de développement convenus au niveau international, de même qu’un objectif en soi.»

Voici un élément de réflexion que nous devrions nous approprier collectivement afin de développer les arguments en faveur d’une justice sociale étendue à tous les secteurs de notre société acadienne, entre autres. C’est du moins au centre de mes préoccupations actuelles au moment où je m’apprête à rédiger un article à la demande du Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick dans le cadre de la 2e édition de la Semaine de conscientisation à l’égalité des genres le 8 mars au 15 mars 2017.

Quel est le rôle des acteur.e.s de la culture envers cet enjeu ?

Comment se fait-il que les postes reliés à la culture soient majoritairement occupés par des femmes alors qu’en réalité, ce secteur devrait être un véhicule d’émancipation pour  toutes celles et ceux qui y participent tout comme celles et ceux qui y contribuent ou qui en bénéficient ?

Les travailleuses culturelles sont souvent celles qui sont les plus fortement scolarisées bien que moins bien rémunérées lorsqu’on analyse des postes qui exigent les mêmes standards dans des secteurs où les postes sont occupés par des hommes. Qui plus est, pour un poste en culture occupé par une femme, s’il était tenu par un homme, il y a fort à parier que l’homme en question obtiendrait des bénéfices salariaux que nulle femme ne serait en mesure d’espérer. N’y a-t-il pas lieu de reconnaître le fossé qui existe afin de se doter des moyens pour le combler ?

Comment devons-nous composer avec un passé empreint de disparités et de ségrégation à l’égard des femmes ?

Notre patrimoine culturel est riche certes, mais l’histoire, tout comme l’actualité, est truffée d’exemples de discrimination et d’injustice envers les femmes.  À ce chapitre, le numéro 143 de la revue Intervention en 2016 [1](La revue professionnelle et scientifique de l’ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec) met en relief une étude des chercheures suivantes, Lise Savoie, Ph.D., Professeure, École de travail social, Université de Moncton , Isabel Lanteigne, Ph.D. (c.), Professeure, École de travail social, Université de Moncton,  Hélène Albert, Ph.D., Professeure, École de travail social, Université de Moncton et Isabelle Robichaud, Ms.s. (c.), Assistante de recherche, École de travail social, Université du Québec à Montréal) concernant des femmes en situation de pauvreté au Nouveau-Brunswick et son incidence sur la santé en contexte de ruralité. Je crois que nous sommes toutes concernées !

La culture comme nous l’entendons est un axe transversal aux piliers de la société que sont l’éducation, l’économie et l’environnement et qui a le pouvoir de transformer la société en abolissant les silos ce qui ouvre la voie à de riches apprentissages et à de nouvelles découvertes certes, mais à une société plus juste et équitable où chacune, chacun y trouve son dû …  Puisqu’il est question ici de droits et d’accessibilité.

À l’aube d’une journée d’étude sur les pratiques gagnantes en développement culturel qui se tiendra le 23 février prochain à Moncton et plus spécifiquement lorsque nous exposerons ces pratiques en lien avec le théâtre communautaire,  je souhaite que nous réfléchissions collectivement aux enjeux omniprésents dans notre quotidien afin de dégager les pistes d’exploration les plus prometteuses pour intégrer l’égalité des genres et l’inclusion sociale dans toutes les sphères de notre secteur tant au niveau de notre gouvernance que de notre programmation et de notre action.

Alors que nous sommes souvent à l’amont du choix de nos programmations, pourquoi ne pas faire en sorte que celles-ci soient le reflet de la société que nous voulons construire et dans laquelle nous voulons vivre : une société ouverte sur le monde, forte de ses convictions, riche de sa diversité. Voilà, en ce qui nous concerne, une belle occasion d’ouvrir une section «Raison d’être» au sein de notre Corpuscule afin de valoriser la profession de travailleuse culturelle et/ou de travailleur culturel dès notre prochaine année financière.

 

Détentrice d’un baccalauréat en anthropologie, d’un certificat en animation des petits groupes, d’une majeure en arts plastiques, Marie-Thérèse Landry a complété une maîtrise en muséologie à l’UQAM et un certificat de 2e cycle en patrimoine historique et culturel local et régional. Elle cumule des expériences diverses dans les domaines de l’interprétation et de la mise en valeur du patrimoine, de la gestion de projets en tourisme culturel et réseautage ainsi qu’en gestion d’organismes et événements artistiques et culturels. Elle a également enseigné au niveau collégial avec le groupe Collégia en Gaspésie et avec la population Innue de la Côte-Nord, et à l’Université de Moncton comme chargée de cours. Marie-Thérèse est originaire de la Baie-des-Chaleurs.

Son intérêt pour le développement culturel et son travail auprès des minorités l’ont conduite jusqu’en Acadie où le dynamisme du milieu l’a séduite. Elle y œuvre depuis 2007. L’organisme qu’elle dirige, le Conseil provincial des sociétés culturelles,  a reçu en 2011,  la plus haute distinction en Acadie,  soit la médaille Léger-Comeau.

 

 

[1] http://www.revueintervention.org/numeros-en-ligne/143/des-femmes-en-situation-de-pauvrete-au-nouveau-brunswick-prendre-en-charge-sa

 

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