7 ans

Un texte anonyme

Ça m’a pris sept ans afin d’accepter le fait que j’étais transgenre. J’ai toujours mis en question mon identité lorsque j’étais un petit garçon, mais la compréhension de la notion de transgenre est seulement venue une fois adulte.  J’ai essayé de sortir du placard en 2009, mais je n’avais pas pensé aux conséquences de la transition et je n’étais pas prête pour ces conséquences. Ces conséquences ne devraient pas exister, mais en tant que diplômé en psychologie je comprends les raisons pour lesquelles elles existent (ex. jugement, persécution, etc.).  Je ne voulais pas être étiqueté comme « l’autre » ou « moins qu’un autre », je voulais être femme. D’une manière, je me sens encore comme cela aujourd’hui. Je suis trans parce que je ne m’identifie pas à mon sexe biologique. Je suis trans parce que c’est la meilleure chose qui peut m’identifier. Je suis trans par définition et non pas comme choix, car pour moi si j’avais un choix je serais cis femme et non trans. S’il y avait un piton magique qui pourrait me changer en femme, j’appuierais dessus dans hésitation, en fait j’ai souvent rêvé d’avoir une telle solution et je rêve encore. Je suis terrifiée de la transition, mais il n’a rien que je veux plus que le résultat de la transition.

Quand tu veux quelque chose, tu vas le chercher. Imagine la chose que tu veux le plus au monde, tu ferras n’importe quoi afin de l’avoir, oui, sans hésitation ? Je voulais être cis femme avant la puberté et même si j’ai commencé ma transition, je crains plusieurs choses à ce sujet qui fait en sorte que je dois constamment lutter contre l’envie d’arrêté m’a transition. Il y a trop de danger qui fait partie de la réalité (dont j’ai été chanceuse d’échapper jusqu’à maintenant) pour plusieurs personnes transgenres dans nos sociétés. Je peux seulement parler pour moi-même, mais je suis constamment bombardé de pensée des dangers potentiels, par exemple des menaces, la violence et la mort qui est souvent la réalité pour les personnes transgenres. On dirait lorsque tu es plus visible à la population tu es plus à risque du danger. Le plus que j’avance dans ma transition, le plus visible que je suis considérant ma taille et ma hauteur. Je suis chanceuse que j’ai seulement vécu des jugements jusqu’à maintenant, mais je crains encore ma transition au point que je dois me convaincre que je fais la bonne chose et que ça vaut la peine. Il y a certaines journées que je suis très craintif face au danger potentiel qui m’attend, donc je me convaincs d’arrêter le processus de transition. La seule chose qui m’aide à continuer avec la transition est mes rêves.

Je n’aime pas mes rêves, mais je suis reconnaissante d’avoir des rêves. Je ne les aime pas, car je dois me réveiller chaque matin. Je suis reconnaissante, car elle renforce mon sentiment de vouloir le résultat. Récemment, j’ai eu un rêve où j’étais complètement inconsciente de tout mon entourage avant d’avoir le rêve, j’étais une femme cis qui jouissait d’un petit voyage entre amis. Il n’y avait rien de spécial dans mon rêve, mais je jouissais des petites choses sans le poids de mes soucis, mes peurs, mes dysphories et tout le bagage. J’ai eu ce rêve il y a deux semaines et je suis encore en train de vivre le deuil du fait que tout est parti. Sans hésitation, me réveiller cette journée était une des journées les plus douloureuses de ma vie. J’aimerais tellement de revivre ce sentiment. Même s’il y a des effets négatifs dans mon rêve le positif de cette situation est même si je suis terrifiée du processus de transition, même si certaines journées je laisse mes peurs prendre par-dessus, mais je sais qu’au fond de moi je veux les résultats. Je ne serais jamais une femme cis et je n’essaye pas de dire que la transition sera un remède miracle, mais après avoir fait la majorité des changements… au moins je serais un peu plus près d’une femme cis.

D’une journée à l’autre, je vis plusieurs moments à me détester, j’essaye de me convaincre que le processus de transition est long processus et que je ne peux pas m’attendre que tout arrive maintenant. Tous les jours, je dois trouver quelque chose afin de me convaincre qu’il y a de l’espoir et remercier les gens qui m’aident dans ce processus (les professionnels, ma famille et mes amis).

Je suis consciente que nous, en tant qu’espèce, nous sommes vites à juger. Sans le pouvoir de juger, nous n’aurions pas évolué aux humains que nous sommes aujourd’hui. Je comprends que le comportement programmé dans nous et qu’il est instinctuel, mais c’est important de reconnaître ces jugements et d’agir au lieu de laisser ces jugements changer ta perspective des autres. Je fais mon possible de laisser passer cet instinct sans avoir un effet direct sur la façon dont je traite une personne. Je sais que nous n’aurons jamais un monde sans jugement, mais j’aimerais de voir un monde où les gens font un effort de montrer leur empathie.

J’espère que mon histoire vous donne un aperçu de ce qu’une personne transgenre vit chaque jour. Nous (en tant que société) voyons seulement dans les médias l’avant et l’après d’une transition, mais nous voyons rarement et sommes rarement capable de comprendre la transition elle-même. J’espère que mes propos vous inspirent à faire un effort dans le monde. Si c’était vous, comment vous sentiriez-vous ?

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