Être un allié: Sensibilisation à la violence entre partenaires intimes

Par Monika Kimmel

De nos jours, la violence conjugale constitue un phénomène d’importance dans notre société en raison du grand nombre de victimes et des nombreuses conséquences qui lui sont associées. Depuis plusieurs années, cette problématique a suscité un grand intérêt de la part des acteurs  communautaire. La recherche nous permet de mieux comprendre la dynamique de la violence conjugale et les conséquences de celle-ci chez les femmes victimes. Malheureusement, souvent les femmes victimes de violences n’ont pas des ressources adéquates de s’en sortir de ce cercle vicieux et elles sont prises dans cette relation malsaine.

Pour venir en aide, le gouvernement du Nouveau-Brunswick tout récemment, s’est joint à d’autres provinces canadiennes et a déposé le projet de Loi sur l’intervention en matière de violence entre partenaires intimes.

C’est quoi la violence conjugale?

La violence conjugale semble être caractérisée par la répétition des actes de violence. Une femme peut être victime de plus d’une forme de violence que ce soit physique, psychologique, sexuel ou économique. Cette situation de crise conjugale survient à l’intérieur d’un cycle qui comporte quatre phases successives qui permettent à l’agresseur de maintenir sa domination sur sa conjointe.

La première phase s’appelle le climat de tension où l’agresseur par des gestes ou des paroles installe une tension dans le couple. Souvent, la victime doute d’elle-même et elle a peur de déplaire à son partenaire. Ensuite, le cycle se poursuit avec la situation de crise où l’agression se manifeste dans une forme psychologique, verbale, physique ou sexuelle. La victime est humiliée, désespérée et se remplit de colère et de tristesse. La troisième phase est celle de la justification. Lors de cette étape, il y a rationalisation du comportement de l’agresseur et tentative de responsabiliser l’agressé. Dans cette phase, la victime se sent responsable et elle se blâme. Finalement, le cycle se termine avec la lune de miel qui est une trêve temporaire. L’agresseur fait des promesses que les épisodes de violences ne se reproduiront plus jamais. Donc, la victime a des espoirs que son conjoint changera. Dans une relation intime marquée par la violence, ce cycle se répète plusieurs fois et de façon de plus en plus accélérée en raccourcissant la phase de la lune de miel jusqu’à celle-ci disparaît.

Bien que la violence conjugale semble être caractérisée par la répétition des actes de violence, il ne faut toutefois pas banaliser les premiers actes de violence, même si ces actes sont espacés de plusieurs mois, voir, des années.

Comme il est indiqué, la violence conjugale est un cycle répétitif. Le rythme de ce cycle et la gradation de la violence diffèrent d’un couple à l’autre. Dès qu’il y a apparition d’actes violents, nous devons en tant que professionnels prendre les moyens nécessaires de corriger la situation avant que les actes de violence s’accentuent et s’aggravent.

Conséquences de la violence conjugale

Nous pouvons regrouper les conséquences de la violence conjugale en quatre catégories, psychologique, physique, sexuelle et socio-économique. Ces quatre types de conséquences sont tout aussi néfastes les uns que les autres et ne devraient pas être mis de côté lors des interventions. Regardons de plus près, chacune de ces conséquences.

Premièrement, les conséquences psychologiques sont difficiles à enrayer. Les sentiments de honte, de culpabilité, de dépression, d’anxiété, de peurs et la perte d’estime de soi peuvent être vécus depuis plusieurs années. Nous voyons par la suite les conséquences physiques. Ce type de conséquences est souvent le premier auquel nous pensons lorsqu’il y a violence physique.

Le troisième type de conséquences est les conséquences sexuelles. Il est effectivement intéressant de constater que les conséquences psychologiques et physiques sont néfastes pour la sexualité des femmes. Finalement, le dernier type regroupe les conséquences socio-économiques. Ce type ne doit pas non plus être négligé, car il permet de comprendre pourquoi certaines femmes décident de rester dans la relation violente. Effectivement, les dépenses supplémentaires que devront assumer les femmes en cas de séparation sont élevées.

En tant que citoyens et acteurs communautaires nous devons nous opposer à toutes les formes de violences. Suite à la démonstration de la gravité de ce phénomène et ses conséquences néfastes pour l’ensemble de la population, nous sommes heureuses de voir qu’il y a des efforts soutenus pour contrer la violence conjugale envers les femmes. Nous croyons que le projet de loi pour contrer la violence entre partenaires intimes est une excellente initiative de la part du gouvernement pour accroître la sécurité des femmes.

Monika Kimmel détient un baccalauréat de l’Université du Québec à Montréal et est présentement finissante à la faculté de droit à l’Université de Moncton. Elle est membre de l’Association des juristes d’expression française du Nouveau-Brunswick (AJEFNB) ainsi que du Réseau national d’étudiant(e)s Pro Bono du Canada (PBSC). Elle s’intéresse particulièrement aux droits des femmes, des minorités ethniques et au droit linguistique.

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