De la justice reproductive

Par Amélie Frenette

Nous penserions qu’en 2017, la santé et la justice reproductive seraient des sujets normalisés, importants et respectés par les citoyens de notre société. Pourtant, plusieurs femmes et jeunes filles n’ont pas accès à des moyens de contraception adéquats ou encore à un service d’avortement sécuritaire et sans tabous. Il y a certains endroits au monde où l’éducation sur la santé et la justice reproductives est restreinte. Par exemple, l’éducation sexuelle aux États-Unis n’est pas requise dans tous les États[1].  Au Canada, l’éducation sexuelle est semblable parmi les différentes provinces. La plupart des sujets sont enseignés, que ce soit l’orientation sexuelle, l’identité de genre, le consentement, les ITS, les moyens de contraceptions ou les relations saines[2]. Par contre, l’orientation sexuelle est habituellement enseignée au Nouveau-Brunswick à partir de la 8e année, alors que c’est en 3e année que les élèves de l’Ontario apprennent ce sujet. Quant aux ITS et aux moyens de contraception, c’est enseigné au Nouveau-Brunswick seulement à partir de la 9e et 10e année tandis que c’est plutôt vers la 5e et 7e année dans les autres provinces[3]. Je suis d’avis qu’il faudrait adapter le programme d’éducation au Nouveau-Brunswick pour que ces enseignements se fassent plus tôt ; il est important que les jeunes soient éduqués avant leur puberté. Ainsi, ils pourront avoir une vie sexuelle et/ou romantique saine et sécuritaire.

Du côté de la justice reproductive, l’avortement est encore un sujet sensible dans notre société. C’est déjà une expérience traumatisante, mais les injustices et les personnes qui protestent devant les hôpitaux et les cliniques rendent la situation pour ces femmes encore plus désastreuse. La pratique de l’avortement a été légalisée suite à l’affaire Morgentaler qui a comparu devant la Cour suprême du Canada en 1988[4].  C’était alors un grand soulagement pour d’innombrables femmes et leurs alliés. Pourtant, il n’existe au Nouveau-Brunswick que 3 hôpitaux offrant les services d’avortement et dans seulement deux villes, soit Moncton et Bathurst[5]. Il existe une clinique à Fredericton, la Clinique 554, mais les patientes ne sont malheureusement pas couvertes par une police d’assurance.  Pour que les assurances payent un avortement, il faut que celui-ci se produise dans l’un des trois hôpitaux offrant le service[6]. Ainsi, les personnes plus pauvres, n’ayant pas de mobilité ou d’assurance, n’ont pas accès facilement à l’avortement.  La décision de la Cour suprême du Canada a légalisé l’avortement parce que son illégalité allait contre la Charte canadienne des droits et libertés, plus précisément les articles 7 et 12 de celle-ci. Dans la réalité par contre, l’avortement n’est toujours pas accessible à tous, ce qui pose un problème.

Dans une société libre et démocratique comme la nôtre, nous devrions être en mesure d’offrir aux différentes communautés tous les outils nécessaires concernant leur santé reproductive et sexuelle.

 

 

[1] http://fusion.net/story/201169/sex-education-in-america-sucks/

[2] http://globalnews.ca/news/1847912/sexual-education-compared-across-canada/

[3] http://globalnews.ca/news/1847912/sexual-education-compared-across-canada/

[4]http://www.canlii.org/fr/ca/csc/doc/1988/1988canlii90/1988canlii90.html?autocompleteStr=r%20c%20morge&autocompletePos=1

[5] http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/752069/avortement-nouveau-brunswick-acadie

[6] http://www.clinic554.ca/reproductivehealth.html

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